Avec le soutien du
Numéros hors-série 1895
Couv-1895--dulac-def

1895. Revue d’Histoire du Cinéma Hors-série Germaine Dulac, au-delà des impressions

commander
1895. Revue d’Histoire du Cinéma Hors-série Germaine Dulac, au-delà des impressions
par Tami Williams et Laurent Véray

Germaine Dulac, au-delà des impressions, sous la direction de Tami Williams avec la collaboration de Laurent Véray

Date de parution : juin 2006

Féministe, socialiste et pionnière de l’avant-garde cinématographique des années 1920-30, Germaine Dulac (1882-1942) joua un rôle crucial dans l’évolution du cinéma comme création et pratique sociale. Au-delà de ses écrits théoriques et critiques, et de son combat passionné pour la légitimation du cinéma, elle réalisa au cours de sa carrière une trentaine de films de fiction et autant de films d’actualité et de documentaires.

Ses premiers films où s’expriment les influences du symbolisme pictural et théâtral, de la peinture préraphaélite, du théâtre symboliste d’Ibsen, de la musique de Debussy et de Chopin l’ont convaincue que le cinéma pouvait visualiser les états d’âmes. Elle cherche alors à concrétiser sa conception du cinéma pur, non seulement dans ses films dits d’avant-garde, mais aussi dans des réalisations plus commerciales. Son évolution stylistique, qui conjugue audace et originalité, témoigne d’une grande variété d’approches. Les films de Germaine Dulac contribuèrent ainsi au développement artistique du cinéma, en lui permettant de devenir un instrument moderne pouvant traduire comme nul autre la vie intérieure et la réalité sociale de « l’Homme nouveau » ainsi que de « la Femme nouvelle ».

La connaissance de son œuvre a toutefois été limitée à deux ou trois films, la Fête espagnole (1919) d’après un livret de Louis Delluc, la Souriante Madame Beudet (1923) d’après une pièce d’André Obey et la Coquille et le Clergyman (1927) d’après un scénario d’Antonin Artaud, respectivement considérés comme le premier film impressionniste, le premier film féministe et le premier film surréaliste. Cette vision restreinte devait être corrigée, et son travail beaucoup plus riche redécouvert afin de pouvoir l’apprécier à sa juste valeur. C’est ce que proposa de faire, en juin 2005, la rétrospective Germaine Dulac organisée au musée d’Orsay, ainsi que le colloque international qui lui fut consacré à l’Université de Paris X-Nanterre. Les textes rassemblés dans ce volume correspondent aux communications faites durant ces deux journées. Ces études, s’appuyant sur des méthodologies et des problématiques différentes, constituent un ensemble original permettant de mieux saisir la singularité de la démarche de la première femme qui fit véritablement carrière au cinéma.

 


SOMMAIRE

Études

Valérie Vignaux, les papiers intimes de Germaine Dulac ou le corps de l’archive

Tami Williams, La naissance d’une avant-gardiste : idées progressistes et stratégies subversives dans la carrière pré-cinématographique de Germaine Dulac (1906-1913)

Muriel Andrin, De la modernité féminine. Fatum, momie, pétrification et détournements dans La Cigarette (1919) de Germaine Dulac

Laurence Schifano, Trois scènes du féminin (La Souriante Madame BeudetÂme d’artisteL’Invitation au voyage) : Dulac avant Dulac

François Albera, Germaine Dulac et “l’essor définitif de l’Avant-garde”

Prosper Hillairet, Germaine Dulac : une avant-gardiste, pédagogue du cinéma

Laurent Guido, Vers une “symphonie visuelle d’images rythmées” : Germaine Dulac et les théories cinématographiques françaises des années vingt

Gabriela Trujillo, Le cinéma de la vie intérieure. Germaine Dulac / Antonin Artaud: éléments théoriques autour d’un différend

Rudolf Kuenzli, La Coquille et le clergyman: de la critique du narcissisme surréaliste au cinéma comme symphonie des rythmes

Marie Martin, Rêve, rêverie et figures latentes dans La Coquille et le clergyman (1928) d’Antonin Artaud et Germaine Dulac

Bruna Lo Biundo, Figures de l’érotisme dans quelques films de Germaine Dulac (La Fête espagnoleLa Souriante Madame BeudetLa Coquille et le clergymanL’Invitation au voyage)

Térésa Faucon, Esprit fluide. Les films abstraits de Germaine Dulac

Christian Lebrat, Germaine Dulac et l’avant-garde : des années 1920 au cinéma structurel

Maryann De Julio, Germaine Dulac et le public

Laurent Véray, Le cinéma d’actualité témoin de l’histoire ou, selon Germaine Dulac, Le Cinéma au service de l’Histoire (1935)

 

Entretien avec Sandy Flitterman-Lewis sur la place de Germaine Dulac dans la théorie cinématographique féministe aux États-Unis

Filmographie de Germaine Dulac

Panier