Avec Der sichtbare Mensch (l’Homme visible, 1924) reprenant des articles publiés antérieurement depuis 1922 à Vienne, Béla Balázs a réussi à synthétiser pratiquement tous les thèmes de la pensée de langue allemande sur le cinéma des années 1910-1920, dans une théorie exceptionnellement riche et satisfaisante du point de vue logique. Ses articles et ses livres reprennent les motifs développés isolément par ses prédécesseurs : le plan, la visibilité, le masque, le rythme, la suggestion énergétique, la corporalité, le caractère cosmique, la mimique et la gesticulation, etc. A travers un prisme philosophique qu’il élabore au croisement des enseignements qu’il a reçus de Lukács, Bergson et surtout Georg Simmel, sa théorie esthétique procède à une anthropomorphisation physiognomonique du monde visible qui dépasse la mimésis et culmine dans l’érotisme entendu comme « possibilité illimitée de compréhension muette » dont l’actrice Asta Nielsen est le parangon.
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